1ère victoire aérienne française dans le ciel de Muizon

Marne
Joseph Frantz & Louis Quenault - escadrille V24 - Via Wikimedia Commons
Lundi, 5 Octobre, 1914
Un nouvel espace d’affrontements
 
Le général Foch s’amusait à assimiler la pratique de l’aéroplane à un sport à risque et sans grande utilité militaire. Il n’avait pas tout à fait tort, mais l’évolution rapide des formes de combat liée étroitement aux développements techniques induits par la Grande Guerre allait bouleverser certaines appréciations.
 
Au début du conflit, les aviateurs sont souvent considérés comme des farfelus et des casses-coups, ils reçoivent essentiellement des missions de reconnaissance et d’observation. Certains emportent avec eux une carabine ou une arme de poing, mais il n’y a rien de réglementaire et ce type d’armement n’est pas adapté. Parfois des coups de feu sont échangés en plein ciel, mais sans résultat probant. Les aéroplanes se révèlent vite d’une grande utilité dans l’acquisition du renseignement et aident à la prise de décisions des états-majors, les batailles de Tannenberg et de la Marne en sont de parfaites illustrations.
 
L’aviateur français Joseph Frantz connaît bien le ciel marnais pour avoir passé son brevet de pilote à Mourmelon-le-Grand et participer au concours aérien de Reims en 1911,  ainsi qu’à différentes manœuvres militaires où il fit la connaissance de son fidèle mécanicien Louis Quenault. 
 
Le 5 octobre 1914, l’avion Voisin de Frantz et Quenault patrouille à 1 800 m au dessus de la vallée de la Vesle, apercevant un Aviatik allemand, ils décident de l’intercepter. Un travail d’équipe s’engage : Frantz doit amener l’appareil dans l’axe de l’Aviatik et Quenault faire feu au coup par coup. L’Aviatik surpris tente de s’échapper, son observateur riposte avec une carabine Mauser. Quarante sept cartouches sont tirées par Quenault, la mitrailleuse s’enraye... Des flammes s’échappent de l’Aviatik, il ralentit et s’abat dans les marais entre Muizon et Jonchery-sur-Vesle. Aussitôt le Voisin se pose et les Français se précipitent sur les débris de l’avion allemand, ils découvrent affligés les corps carbonisés du lieutenant Fritz von Zangen et du sous-officier Wilhelm Schlichting (ils reposent aujourd’hui au cimetière allemand de Loivre).
 
Signant la première victoire aérienne française, Frantz et Quenault ont prouvé que le combat aérien est possible. Quelque mois plus tard, l’aviation de chasse naît sous l’impulsion du commandant de Rose, stationné à Jonchery-sur-Vesle, à deux pas de l’exploit des deux pionniers français.
 
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