Marne
Tranchée de 1ère ligne - Droits réservés
Samedi, 25 Septembre, 1915
Pour la première fois depuis le début du conflit, le haut commandement français va accorder à l’artillerie un rôle capital, 1 100 pièces d’artillerie vont être disposées sur un front d’une vingtaine de kilomètres, entre Aubérive et la vallée de la Tourbe. Un soin particulier va être apporté à l’observation aérienne et à son exploitation, les parallèles de départ n’ont jamais fait  l’objet de travaux aussi calculés. Les soldats français sont impressionnés par les moyens mis en œuvre, ils ont reçu la nouvelle tenue bleue horizon et un casque protecteur, habillés de neuf leur moral se trouve décuplé et la silhouette du Poilu n’évoluera plus jusqu’à la fin de la guerre. Le silence relatif sur le front inquiète les Allemands, ils renforcent hâtivement la deuxième ligne, mais ils n’imaginent pas l’ampleur de l’offensive française à venir.
 
Le 22 septembre 1915, l’enfer se déchaîne sur les positions allemandes, il va durer 3 jours et le temps clair et clément favorise les réglages d’artillerie. Les soldats allemands sont plongés dans la stupeur et l’effroi, beaucoup sont atteints psychologiquement, ils sont coupés de l’arrière et ne sont plus approvisionnés.
 
Le 25 septembre 1915 il tombe une petite pluie fine sur le champ de bataille, 9h15 les troupes françaises s’élancent à l’assaut, une vaste vague bleue horizon submerge la plaine du front de Champagne. Le bombardement a balayé tous les obstacles, la première ligne allemande est prise assez facilement et la poursuite s’organise, les poilus français espèrent être à Vouziers le lendemain. Les 26 et 27, la progression est fortement ralentie et dans certains endroits est stoppée nette, les soldats allemands se sont ressaisis et ils organisent la défense sur la 2ème ligne établie en contre-pente. La logistique a du mal à suivre l’avancée, les renforts français piétinent, le déplacement des appuis feu prend du temps et le mauvais qui persiste ne facilite pas les déplacements.  Le 9 octobre 1915, un nouveau front s’établi passant par Navarin, cote 193, butte de Tahure, butte du Mesnil, maisons Champagne, mont Têtu (Massiges) et les Allemands se sont établis sur une ligne de buttes plus au nord. Cette bataille de Champagne s’éteint progressivement, elle aura permis un gain de 3 à 4 km mais au prix terrible de 180 000 tués, blessés et prisonniers et l40 000 Allemands tués, blessés et prisonniers. En cette fin d’année 1915, la guerre de position augmente en intensité, l’assaillant est fréquemment confronté à des pertes supérieures, les Allemands subiront cette règle l’année suivante à Verdun.
 
Cette bataille d’automne verra également une des dernières charges de cavalerie de l’histoire, un escadron du 5ème hussard chargea devant les lignes fortifiées allemandes de Beauséjour et de Maison Champagne. Fait incroyable et insolite à la fois.
 

 

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