Marne
Mardi, 16 Février, 1915

Le soldat du premier hiver de guerre n’a pas d’autre choix que de s’enterrer dans des tranchées sommaires et mal équipées. Le commandement français estime ce répit momentané et le général Joffre perçoit d’un mauvais œil cette immobilisme du soldat : l’offensive doit reprendre au plus vite.


Le front de Champagne, tenu par la VIème armée, va être le théâtre d’attaques françaises répétées de février à mars 1915. Cette période marque le début de la guerre des mines dans ce secteur et leurs explosions sont souvent le signal des attaques. Ainsi vont se succéder une série d’attaques au moulin de Souain, au bois Sabot, à la cote 200, au bois jaune, au fortin de Beauséjour et à la main de Massiges. Le 16 février une attaque générale est lancée et les affrontements vont rarement au-delà de la deuxième tranchée de l’adversaire. Les grenadiers de la garde prussienne défendent âprement leurs positions et les soldats français sont souvent démunis devant les défenses allemandes non détruites.


Partout les gains sont dérisoires (quelques dizaines de mètres), les pertes effroyables (22 morts à l’hectare) et les combats ont provoqué la destruction des villages de Perthes-les-Hurlus, Hurlus et Mesnil-les-Hurlus (qui ne seront jamais reconstruits). L’entêtement du Généralissime a coûté cher et le commandement comprendra seulement à partir de cette période, l’importance de la préparation d’artillerie et de l’organisation du terrain.


Ce manque de résultat, des offensives à outrance en Champagne et en Artois, continue d’exposer le général Joffre aux critiques, auxquelles il répond : « Je les grignote ! ». Ce grignotage révèle une certaine impréparation et une absence de réflexion tactique,  le constat est terrible pour l’armée française qui enregistre 268 000 tués d’octobre 1914 à mars 1915.

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