Marne
Mercredi, 17 Mars, 1915

Depuis septembre 1914, les réservistes du 336ème RI sont en position au nord de Souain, Epuisés par des attaques sur un terrain offrant aucune protection et face à un adversaire bien retranché, le 10 mars 1915 au matin, les hommes de la 21ème compagnie décident de ne pas sortir des tranchées. Ils refusent de se faire tuer inutilement : quiconque se montre est irrémédiablement abattu.

 

Les artilleurs français  reçoivent l’ordre de tirer sur les tranchées de leurs camarades afin de les faire sortir, mais sans résultat. Le général Réveilhac est furieux, cette défection est un « refus d’obéissance en présence de l’ennemi », il exige des sanctions. Un conseil de guerre est réuni dans la mairie de Suippes et sur les 24 hommes désignés au hasard, 18 sont relaxés. La peine capitale  est requise pour 4 caporaux. Ils sont exécutés à la ferme de Suippes le 17 mars 1915.


La femme de l’un deux, Blanche Maupas, lutte vainement pour dénoncer cette injustice et le 3 mars 1934, ils sont réhabilités. Ainsi, les caporaux Théophile Maupas (instituteur), Louis Girard (horloger), Lucien Lechat (garçon de café) et Louis Lefoulon (cheminot) ont droit à l’épitaphe « Mort pour la France » 19 ans après les faits.
Cette tragédie  inspire en 1957 le réalisateur Stanley Kubrick dans le film « The paths of glory » (Les sentiers de la gloire), dont la diffusion sera seulement autorisée en France en 1975.


Aujourd’hui, deux monuments rappellent la mémoire des caporaux :

- Sartilly, commune de la Manche (inauguré en 1925)
- Suippes (inauguré en 2007)
La tombe de Louis Girard est visible dans le cimetière militaire de Suippes.


 

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