Marne
Lundi, 1 Mars, 1915

La première victoire aérienne française dans le ciel marnais a prouvé que le combat aérien est possible. Si l’aviation de reconnaissance a prouvé son utilité et intégré l’Armée au début du conflit, le combat dans les airs est épisodique. Le commandant de Rose, aviateur invétéré, est convaincu de l’importance de la maîtrise du ciel par des avions de combat. Il crée ainsi la 1ère escadrille de chasse le 1er mars 1915 à Jonchery-sur-Vesle. Dans l’immédiat, les pilotes ne disposent que de carabines ou d’armes de poing et courant avril 1915, la synchronisation du tir automatique avec le passage de l’hélice permet d’utiliser la mitrailleuse. Ce système initié par Roland Garros est ensuite développé par les Allemands. Dès lors les escadrilles se multiplient et des terrains d’aviation apparaissent à Bonnemaison (Fismes), Cuperly, Villeneuve-la-Lionne, Plivot, Châlons-sur-Marne, camp de la Noblette, Remicourt pour les principaux. Le combat aérien s’étend sur tout le front et à l’arrière avec l’aviation de bombardement. Les as les plus prestigieux évoluent dans le ciel du front de Champagne : Guynemer, Fonck, Dormes (abattu au-dessus du fort de la Pompelle le 25 mai 1917) et le pilote allemand Boelcke. L’été 1918 est fatal aux pilotes américains Russel et Ovington dont les appareils s’écrasent à Courville et Lagery.


Au dernier semestre du conflit, il faut noter également l’utilisation d’avions pour approvisionner des troupes encerclées, notamment au bois de Courton (Montagne de Reims) et dans le ravin de Charlevaux (Argonne). Au cours d’une de ces opérations à risques, l’avion des pilotes américains Boettler et Bleckey, frôlant la cime des arbres, est abattu, ils périssent dans sa chute non loin de Binarville.


Le commandant de Rose, après s’être illustré à Verdun, meurt prématurément en 1916 lors d’un exercice. Il ne connaîtra pas l’ampleur du développement de l’aviation de chasse. Il repose aujourd’hui dans le cimetière de Jonchery-sur-Vesle.

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